« Déchirer la peau du réel »

L’exposition Made In, réalisée par Thibault Freychet et Chloé Sitzia, tous deux étudiants à l’UJM, écrira son chapitre II dans l’Atrium, BU Tréfilerie, le samedi 17 mai à partir de 12h30.

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Atrium web« Disons le tout net, l’exposition Made in réalisée par Thibault Freychet et Chloé Sitzia n’a pas pour but de présenter un objet design, au risque de le sacraliser, mais d’exposer le processus qui fait sens de l’objet. En somme, bien loin de la fétichisation de l’objet design tel qu’on peut le voir dans les fameuses White Box, il s’agit de rendre compte du geste qui façonne l’œuvre et au-delà de l’exposition elle-même.

Car l’intérêt de cette exposition ne réside pas dans la vision d’un support artistique mais dans la façon dont le spectateur s’approprie l’espace d’exposition et participe à la co-construction de l’œuvre. Par là, j’entends que, ce qui fait œuvre, ce n’est pas tant l’objet d’art mais l’expérience spectatorielle à laquelle participe le visiteur.

Quelle est donc cette expérience proposée ?

S’inspirant d’un motif de passementerie traditionnelle Stéphanois, les organisateurs le pensent comme un élément inclusif dans un dispositif d’art contemporain. Ainsi il produit une tension entre ce qui tient d’un fragment du patrimoine industriel du XIXième siècle et une mise en contexte contemporaine. La galerie s’habille pour l’occasion d’une tapisserie en Flex qui vient recouvrir la totalité de l’espace. Le visiteur est invité à arracher les bandes de Flex pour révéler le motif qui se cache derrière. Puis, dans un second temps, il lui est possible de transférer le motif arraché sur un vêtement et de s’en saisir comme trace de l’expérience vécue.

Ce procédé n’est pas sans rappeler les installations réalisées par Félix Gonzalez Torres dans les années 90. L’artiste, en effet, offrait la possibilité aux spectateurs de repartir avec un morceau de l’oeuvre présentée, comme un champ de bonbons par exemple. S’inscrivant dans la continuité des œuvres participatives initiées dans les années 70, Made in se conçoit à la fois, comme une expérience esthétique, mais également comme une pratique sociale où le geste de chacun participe à l’élaboration du signe éprouvé. »

Marielle Toulze
Maître de conférence en Art et en Communication
International Rhône Alpes Médias – Université Jean Monnet – Saint-Etienne

Visionnez le chapitre I dans la Galerie des Limbes :

http://youtu.be/7HaiCvt1boQ

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