Juan Goytisolo : Prix Cervantes 2014

Auteur, mais aussi homme libre, critique engagé, chantre de la civilisation arabo-maghrébine…

Juan Goytisolo in Instituto Cervantes BerlinNé à Barcelone en 1931, Juan Goytisolo a reçu de nombreux prix littéraires (Europalia, Octavio Paz, Juan Rulfo), et en 2014 lui est attribué le prix Cervantès qui est le plus grand prix de la littérature hispanique. Ce prix récompense l’œuvre d’une vie.

Juan Goytisolo est issu d’une famille bourgeoise, il a deux frères connus ; José Agustin , poète célèbre, et Luis, écrivain reconnu. Emmanuelle Souvignet, agrégée d’espagnol et maitre de conférences à l’UJM, lui a consacré une étude, « Luis Goytisolo, une écriture entre ville et campagne », éditée aux PUSE en 2011.

Auteur fécond, Juan Goytisolo a écrit plus de vingt romans dont les plus emblématiques sont « Jean sans terre » et «Pièce d’identité » ; une dizaine d’essais dont les derniers en date sont « Cogitus interruptus » (1999) et « El lucernario… » (2004). Il a écrit aussi une vingtaine de textes divers dont le dernier est « Espana y sus ejidos » (2003) mais également de nombreux articles dans « El Pais »

Écrivain à la marge, hétérodoxe, contestataire, cet écrivain critique la société espagnole dans laquelle il a grandi. Il met en avant l’absurdité du conflit entre nationalistes et républicains, il critique la société sous Franco, la bourgeoisie espagnole, les partis politiques de droite et de gauche…

 Juan Goytisolo, c’est l’homme contre et il devient dans les années soixante « persona non grata » en Espagne après l’arrestation de son frère Luis. Il s’intéresse à l’héritage musulman : il fait publier « Chroniques sarrasines » (1981). La plateforme Persée vous en propose une analyse pertinente.  Il participe à une série de reportages sur le monde islamique « Al Quibla » et connait un véritable succès éditorial avec son autobiographie « Chasse gardée ».

De nombreuses études lui sont consacrées, « Juan Goytisolo ou les paysages d’un flâneur » coordonné par Abdelatif Ben Salem, « Juan Goytisolo, le soi, le monde et la création littéraire » , écrit par Yannick Llored et celle d’Emmanuel Le Vagueresse, « Juan Goytisolo, écriture et marginalité ». Si vous lisez les toutes premières pages de cette dernière étude, vous comprendrez la nature de ses engagements littéraires et politiques qui convergent parfois dans ses textes.

Finalement, Juan Goytisolo est un écrivain à la marge : « …c’est un écrivain coupé du monde, narcissique, hermétique voir illisible » comme l’affirme Emmanuel Le Vagueresse dans « Juan Goytisolo, écriture et marginalité ».