Polina Grigorievna

Polina coiffée. Cop. Sergueï Ivanovitch Rebizov

L’Atrium accueille du 8 au 30 avril l’exposition de Pauline Panassenko autour de son livre Polina Grigorievna.

L’ouvrage est construit autour d’une série de rencontres avec des femmes moscovites toutes prénommées Polina Grigorievna. L’exposition le prolonge et présente des photographies et des archives diverses.

Pour BlogBUSTER, Pauline Panassenko raconte l’histoire de ce livre.

Je suis née à Moscou, URSS en 1989, je suis arrivée en France, à Saint-Etienne à l’âge de six ans. Le français est devenu ma langue maternelle mais les mots russes convoquaient toujours des sensations et des images différentes de leurs équivalents français. Pour que certains mots puissent me toucher il m’a fallu les relier à l’image et la sensation du russe, alors seulement le mot d’origine a pu être réhabilité au niveau sensoriel. A mon arrivée en France, mon prénom a été traduit phonétiquement en Polina Grigorievna puis quelques années plus tard, francisé en Pauline.

Il y a un peu plus de deux ans, je suis tombée par hasard sur le film La Double Vie de Véronique de Krzystof Kieslowski. On y voit l’histoire mêlée de deux femmes,Véronique et Weronika. L’une habite à Cracovie, l’autre à Clermont-Ferrand, la mort de l’une change la vie de l’autre. En sortant de la séance j’ai eu envie de retrouver d’autres femmes qui s’appellent Polina Grigorievna.

Je suis partie à Moscou et j’ai disposé des petites annonces dans divers lieux de la ville. J’ai demandé aux femmes qui m’ont contactée de bien vouloir me rencontrer et me raconter quelque chose d’elles. Je suis arrivée avec un dictaphone, j’ai enregistré leurs histoires, je les ai retranscrites et traduites en français. Il a fallu choisir, je ne pouvais pas tout garder. Dans chaque histoire j’ai entendu quelque chose qui m’était proche et familier dans un contexte historique, politique et social que j’ai pourtant peu ou pas vécu.

Polina au jardin

Au cours de ce séjour je suis retournée dans l’appartement resté intact depuis mon départ pour la France. Dans les placards de l’armoire soviétique j’ai retrouvé des albums de famille. Les photos se sont mélangées aux histoires des Polina Grigorievna que je rencontrais. Mises côte à côte, elles ont formé un tout. Cela m’a donné envie de raconter cette histoire à mon tour.

J’ai rencontré Polina Grigorievna G. 36 ans, Polina Grigorievna T. 25 ans, Ivan Stepanovitch 94 ans époux de Polina Grigorievna F., Polina Grigorievna V. 28 ans, Polina Grigorievna D. 40 ans.

 

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