1915 : il y a un siècle, la Grande Guerre s’enlisait…

L’an dernier, vous n’avez pas pu y échapper, l’on commémorait le centenaire du déclenchement du premier conflit mondial. La Bu Tréfilerie s’était d’ailleurs associée à ces commémorations avec des présentations d’ouvrages et des articles sur BlogBUSTER.

Pour autant, si l’année 2014 a été marquée par de nombreux temps forts, les commémorations de cette guerre, qui marqua une rupture si majeure dans l’histoire universelle, ne sont pas closes et se poursuivront jusqu’en 2018. L’occasion pour la BU de revenir sur l’année 1915.

L’année 1915 est celle qui voit le conflit s’enliser : malgré les prévisions des gouvernants et des états-majors (qui croyaient tous en une guerre rapide et victorieuse), les belligérants ont subi des pertes humaines considérables dès les premières semaines, après des attaques meurtrières mais finalement contrées et inefficaces. Tous s’enterrent dans une guerre de positions et passent l’hiver 1914-1915 dans la boue et le froid des tranchées.

Des événements tragiques marquent cette année 1915 :

Avril 1915 : les débuts de la guerre chimique

Le 22 avril, les troupes allemandes emploient des armes chimiques (du chlore) contre les troupes françaises, belges et canadiennes près d’Ypres : 5200 soldats sont intoxiqués et meurent dans les heures qui suivent. Les armes chimiques ont désormais fait leur apparition parmi les nouvelles armes. Deux ans plus tard, c’est toujours près d’Ypres que les Allemands utiliseront un autre gaz : l’ypérite ou gaz moutarde.

Voir la vidéo Gaz ! gaz ! gaz ! La guerre chimique réalisée par l’Historial de la grande guerre à l’occasion de l’exposition de 2010.

Avril 1915 : début du génocide arménien

L’empire ottoman, entré en guerre depuis le 1er novembre 1914 aux côtés des empires allemand et austro-hongrois, est menacé par les troupes russes dans le Caucase et les troupes franco-britanniques dans les Dardanelles. Dans un contexte où les populations considérées comme non turques sont l’objet de discriminations croissantes et soupçonnées de trahison, le puissant ministre de l’Intérieur du gouvernement des « Jeunes Turcs », Talaat Pacha, ordonne avec le plein appui du cabinet de guerre la rafle des intellectuels arméniens d’Istanbul le 24 avril, puis dans les jours suivants la déportation massive et planifiée des populations arméniennes de toute l’Anatolie vers les déserts de Mésopotamie ou de Syrie : massacres et épuisement anéantissent ces convois, avant les exécutions dans les camps de concentration. Le premier génocide du XXème siècle, qui se poursuit jusqu’à l’automne 1916, est estimé à 1,3 million de victimes ; il n’est toujours pas reconnu par les autorités turques qui en minimisent le bilan humain et en réfutent le caractère génocidaire. Pendant la même période, de terribles massacres sont également perpétrés contre les populations grecques, assyro-chaldéennes et yézidies de l’Empire ottoman.

Arte a diffusé mercredi 20 avril 2015, le film d’Eric Friedler « Aghet : 1915 – Le génocide arménien « 

 

Mai 1915 : L’Italie entre en guerre aux côtés des Alliés

L’Italie était restée neutre en 1914, alors même que son appartenance à la Triplice aurait dû la voir s’aligner aux côtés des empires centraux. Mais le gouvernement italien n’est plus en accord avec les traités signés par ses prédécesseurs entre 1882 et 1896. L’envie de revanche contre l’Autriche qui avait longtemps dominé le nord du pays et la volonté de récupérer les territoires du nord- toujours contrôlés par Vienne (l’irrédentisme) font que l’Italie renverse ses alliances le 26 avril par le Pacte de Londres. Le 23 mai, c’est la déclaration de guerre de l’Italie à l’Autriche-Hongrie : un nouveau front s’ouvre, moins connu que le front de l’Ouest, mais meurtrier lui aussi et qui a la particularité de se situer pour une bonne part sur le terrain très particulier et accidenté des Alpes.

Enfin, pour terminer sur une note plus légère, 1915 voit aussi la naissance du doyen des journaux satiriques français, le Canard enchaîné qui paraît pour la première fois le 10 septembre, issu des « canards » de tranchées pour lutter contre la censure et la propagande (le fameux « bourrage de crâne »).

Avides d’en savoir plus sur l’année 1915 ? Consultez la sélection des bibliothécaires de l’Université Jean Monnet !