Do you speak… Sainté ?

L’exposition « La vogue des langues à Sainté » tente de répondre aux questions suivantes :  Quelles langues parle-t-on et entend-on au quotidien dans la ville ? Comment ces langues participent-elles à la construction d’une identité plurielle, spécifique à ce territoire ? Les enquêtes menées par les étudiant(e)s en Master du département de FLE (Français Langue Étrangère)  ont permis de dresser des portraits de locuteurs et de retracer leurs parcours…

nuagemotsL’exposition « La vogue des langues à Sainté » est une étape d’un projet plus ambitieux intitulé « L’arc-en-ciel de nos langues » mené depuis 2012 par deux groupes de recherches en Sciences du langage du CELEC. Le premier projet s’intitule « Saint-Étienne ville plurilingue » et le deuxième « « Travailler en classe pluriculturelle et plurilingue : faire de nos diversités une richesse ». Tous deux visent à mettre en valeur, à la fois dans la ville et dans les classes, la diversité des habitants et des élèves de St Étienne.

Tous deux s’appuient sur des travaux menés par les étudiant(e)s du département de FLE dans le cadre de leur formation : c’est sur cette récolte de données (entretiens, observations de classes, collectes de documents) que se sont basées les études des deux groupes de recherches.

L’équipe de recherche FLE

Le plurilinguisme comme richesse

Ces projets ont été réalisés en collaboration avec des enseignants-chercheurs d’autres départements à l’Université Jean Monnet, des étudiants, des enseignants du primaire et du secondaire, des membres d’associations, des artistes, des acteurs locaux, mais également avec les Archives municipales et la Direction des médiathèques de la ville et de la région.

Etudiantes FLE devant leur panneau

Le projet « Saint-Étienne, ville plurilingue » propose un aperçu de la diversité des langues présentes à Saint-Étienne et dans ses environs proches.

L’étude a fait ressortir la forte conscience de l’existence d’un « parler gaga », spécifique à la ville, bien que ce parler semble difficile à catégoriser.

Elle montre aussi les différentes désignations associées aux langues qui révèlent d’importantes différences de légitimité ressentie. Celles-ci peuvent s’expliquer par des rapports de pouvoir entre les langues.

Le panorama linguistique qui a été dressé évolue au gré des mutations de la ville et des trajectoires de chacun des individus qui la composent. Chacun possède un répertoire de langues qu’il peut mobiliser selon les contextes, selon les interlocuteurs et selon les différents moments de sa vie. Il arrive fréquemment que différentes langues se mélangent dans la communication.

Par ailleurs, les langues sont souvent associées à des cultures. Ainsi des répertoires pluriels renvoient à des appartenances culturelles plurielles. Les personnes interrogées évoquent plusieurs cultures et disent naviguer de l’une à l’autre, souvent avec aisance. La pluralité des langues s’inscrit ainsi dans une dynamique d’échanges interculturels qui contribue à la construction d’identités complexes.

Une exposition qui présente les 1ers résultats de ces travaux

Un panneau sur la Grèce

On y trouvera  :

  • des panneaux qui résument l’essentiel de ce que les étudiant(e)s ont tiré de leurs (en)quêtes
  • des panneaux thématiques qui présentent les thèmes communs aux propos tenus : sentiments, pays d’origine, souvenirs, fêtes, famille, voyages, rêves, etc.
  • des panneaux issus d’observations dans des classes de la région avec des enseignant(e)s qui essaient de valoriser les langues de leurs élèves, trop souvent considérées comme des facteurs d’échecs et non de dynamisme dans la classe

Ces visions d’une partie de la vie collective à St Étienne ont pour ambition de nous faire réfléchir sur nos propres parcours à travers les langues et sur les traces qu’ils ont inscrites en nous.

Toutes les infos sur l'expo
L’exposition se déroulera du 6 au 30 juin 2015, dans l’Atrium de la BU, sur le site Tréfilerie.

le 8 juin : inauguration avec la conférence du célèbre sociolinguiste Louis-Jean CALVET : « Urbis et orbis : langues de la ville, langues du monde », à 17h 30 à l’Atrium, suivie d’un pot de l’amitié.

15 juin à 17h 30 :  Margaux Ouillon du M2 FLE présentera sa recherche consacrée à sa grand-mère andalouse : « Comment peut-on vivre 50 ans en France sans en parler la langue ? ».

Autres animations : Les Copains d’abord, Compagnie Zangmo, spectacle JL Epalle

Et pour conclure sur le gaga, un OVNI déniché sur Youtube… 8-O