Face à la mer….

12 juin : l’été et les vacances approchent… Vous le sentez ? Nous aussi. Carnet de voyage… Direction Saint-Malo. Le lien avec vos BU ? La littérature évidemment !
Plaque commémorative située près de la Mairie de Saint-Malo

Plaque commémorative située près de la Mairie de Saint-Malo

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »… écrivait Joachim Du Bellay. Alors heureux voyageurs, si votre goût pour l’aventure et la littérature vous pousse jusqu’à Saint-Malo, venez vous recueillir sur la tombe de Chateaubriand.

Vous la retrouverez face aux remparts de la cité corsaire sur l’île du Grand Bé, uniquement accessible à marée basse. Et si, surpris et émerveillé par cet emplacement, vous vous questionnez, lisez l’avant-propos du Livre Premier des Mémoires d’Outre-tombe et l’occupant de cette dernière demeure vous expliquera lui-même comment il a obtenu le privilège de reposer ad aeternam face à la mer :

« Les habitants de Saint-Malo s’adressèrent à moi le 25 août 1828, par l’entremise de leur maire, au sujet d’un bassin à flot qu’ils désiraient établir. Je m’empressai de répondre, sollicitant, en échange de bienveillance, une concession de quelques pieds de terre, pour mon tombeau, sur le Grand-Bé. Cela souffrit des difficultés, à cause de l’opposition du génie militaire. Je reçus enfin, le 27 octobre 1831, une lettre du maire, M. Hovius. Il me disait : « Le lieu de repos que vous désirez au bord de la mer, à quelques pas de votre berceau, sera préparé par la pitié filiale des malouins. Une pensée triste se mêle pourtant à ce soin. Ah ! puisse le monument rester longtemps vide ! mais l’honneur et la gloire survivent à tout ce qui passe sur la terre. » Je cite avec reconnaissance ces belles paroles de M. Hovius : il n’y a de trop que le mot gloire. Je reposerai donc au bord de la mer que j’ai tant aimée. » (pages 119-120)

Extrait de : CHATEAUBRIAND, François René de. Mémoires d’Outre-Tombe. Tome I. Paris : Bordas, 1989. (Classiques Garnier ). 938 p.

Île du Grand Bé

Et pour faire le tour de cette anecdote historico-littéraire, Brassens qui a chanté le fameux « Heureux qui comme Ulysse », a également interprété une « supplique pour être enterré en plage de Sète »

« C’est pas l’homme qui prend la mer« … tatatam ! ♪♫