« Et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde »

Il est des réalisateurs qui ont le génie de filmer une histoire bien contemporaine et d’y entremêler une pièce de théâtre classique. La trame moderne est ponctuée de répétitions du texte ancien : loin de susciter l’ennui en marquant une pause dans l’action, ce périlleux exercice démontre à quel point les grandes œuvres sont intemporelles.

Dans le docufiction « César doit mourir » (2012) les frères Taviani nous immergent dans l’univers carcéral d’une prison romaine où de vrais détenus répètent une pièce de Shakespeare : « Jules César ». Au fil des jours, les scènes de la pièce deviennent le miroir de leur vécu et un parallèle se tisse entre le drame qu’ils jouent et les affrontements qu’ils vivent.

Dans « Alceste à bicyclette » (2013) de Philippe Le Guay, sur l’île de Ré, deux acteurs répètent la scène I de l’acte I du Misanthrope. La modernité de Molière est judicieusement mise en exergue à travers leur duo…

L’un deux a quitté Paris et le métier de comédien ; il ne joue pas le rôle d’Alceste, il le vit car les tirades de son personnages font écho à son propre ressenti. Le second ne sera à la hauteur qu’une seule fois après avoir été insulté en plein marché. Sa popularité ne l’ayant pas habitué à une telle humiliation, il peut alors rejoindre, le temps de sa colère, les hautes sphères du Misanthrope. La déchirure qu’ils vivront à la fin du film sera l’illustration du contenu des alexandrins qu’ils ont déclamé de concert pendant cinq jours.

 

A voir (et à emprunter) aussi :

« Shakespeare in love » (1998) de John Madden : histoire romancée de la période où William Shakespeare écrivait « Roméo et Juliette ».

« Roméo + Juliette » (1996) de Baz Luhrmann : le texte original dans une mise en scène moderne avec Léonardo Di Caprio.

« Anonymous » (2012) de Roland Emmerich : parti pris dans la controverse sur la paternité des œuvres de Shakespeare.

«  Molière »   (1978) d’Ariane Mnouchkine : biopic du comédien et dramaturge Jean-Baptiste Poquelin.

« Molière » (2007) de Laurent Tirard : se basant sur les quelques années durant lesquelles on ignore ce que Molière a fait de sa vie, réalisateur et scénariste l’ont imaginé croisant les personnages qui lui inspireront ses pièces futures. Avec Romain Duris dans le rôle titre.

 

A noter :

L’acteur-réalisateur britannique Kenneth Branagh a réalisé cinq adaptations de l’œuvre de William Shakespeare : « Henri V » en 1989,  « Beaucoup de bruit pour rien » en 1993, « Hamlet » en 1996, « Peines d’amour perdues » en 2000 et « As you like it » en 2006. Il a également joué dans « Othello » d’Olivier Parker en 1995.

 

VHS? VH quoi ?
Photo 062VHS ? Non, les BU n’écrivent pas en langage SMS : nous avons toujours quelques titres en cassettes vidéos.

Si vous désirez les visionner, vous pouvez utiliser les magnétoscopes disponibles en BU Tréfilerie dans la salle Musiques et Images.

Pour mémoire « VHS » = Video Home System