De Troper à Tocqueville : penser le droit

Le visage de Marie ne vous est peut-être pas inconnu si vous avez fréquenté la BU Tréfilerie l’année dernière. En effet, la jeune doctorante en droit a été monitrice étudiante dans nos locaux jusqu’à très récemment. Un travail étudiant qui ne l’a pas empêchée de terminer brillamment son Master 2 puisque son mémoire a été publié aux Presses Universitaires de Lyon 3… Entretien avec l’intéressée.
marie debard

Marie, après la publication de son mémoire M2 Droit public fondamental dont elle a fait don à la BU

Marie, peux-tu te présenter et nous décrire ton parcours d’étudiante à l’UJM ?

Je suis doctorante contractuelle à l’Université Jean Monnet. Je réalise une thèse sur la pensée juridique d’Alexis de Tocqueville sous la direction des Professeurs Aurélien Antoine et David Mongoin. Avant cela, j’ai obtenu d’abord, une licence de droit à l’Université Jean Monnet puis, un master en droit public cohabilité entre les Universités de Saint-Etienne, Lyon III, et Lyon II.

 Quels éléments ont déterminé le choix de ton sujet de mémoire sur Michel Troper ?

Le séminaire du Professeur David Mongoin dans le cadre du Master 2 Droit public fondamental intitulé « Les grands auteurs du droit public » m’a donné envie d’étudier un auteur et d’effectuer une lecture serrée de son œuvre. Le Professeur David Mongoin m’a alors proposé de travailler, sous sa direction, sur l’œuvre de Michel Troper avec une dimension comparée puisqu’il s’agissait de l’analyser au regard de celle d’un autre auteur : Hans Kelsen.

En quelques mots, peux-tu nous résumer la problématique de ton mémoire ?

Le mémoire consiste en une lecture croisée des textes de Michel Troper sur la Théorie réaliste d’interprétation et de la Théorie pure du droit de Hans Kelsen au sujet de la possibilité d’une connaissance scientifique du droit.

Ce qui intéresse ces deux auteurs, est de savoir quelles options méthodologiques sont à privilégier pour construire un discours scientifique sur le droit. Le mémoire confronte les réponses que la Théorie réaliste de l’interprétation et la Théorie pure du droit apportent pour répondre à cet objectif commun.

En somme, le mémoire rend compte du discours de ces auteurs au sujet de « la science de la science du droit » !

Comment t’a été proposée la publication de ton mémoire ? Et pourquoi une publication à Lyon 3, alors que tu es étudiante à l’UJM ?

Suite à une sélection, l’équipe de droit public de Lyon publie chaque année plusieurs mémoires de Master 2 par le biais du service édition de l’Université Jean Moulin Lyon III.

J’ai effectué mon mémoire dans le cadre du Master 2 Droit public fondamental qui est, par ailleurs, un master cohabilité entre les universités de Saint-Etienne, Lyon III et Lyon II. C’est pourquoi, soutenue par le Professeur David Mongoin, j’ai pu soumettre mon mémoire à la sélection pour la publication des mémoires de l’équipe de droit public de Lyon à l’Université Jean Moulin Lyon III.

 Peux-tu conseiller quelques lectures aux étudiants qui travailleraient sur des sujets connexes au tien ?

Je ne peux que conseiller d’aller lire Michel Troper et, en particulier, ses recueils Pour une théorie juridique de l’Etat, La théorie du droit, le droit, l’Etat, Le droit et la nécessité, ainsi que son ouvrage collectif Théorie des contraintes juridiques.

 Aujourd’hui quels sont tes projets à plus ou moins long terme ?

Mon projet principal est la réalisation d’une thèse intitulée « Tocqueville, penseur du droit public ». Cette recherche a pour premier objectif de mettre en lumière le droit dans l’œuvre de Tocqueville ; de faire de la matière juridique une entrée privilégiée pour interpréter sa pensée de manière décisive. Plus encore, il s’agit d’offrir une systématisation de la pensée juridique de l’auteur à travers une vision du droit public originale décelée dans son œuvre. Alors que le droit public connaît de profondes mutations, ce travail souhaite enfin montrer que la vision de Tocqueville peut apporter un prisme novateur pour qui veut étudier les problématiques contemporaines.

La réalisation de ce projet me passionne et occupe la majeure partie de mon temps !

Merci et bonne continuation !
Empruntez le mémoire de Marie

« Michel Troper : miroir de Hans Kelsen » (1 exemplaire en BU Tréfilerie et 1 exemplaire au CERCRID)