Embarquez pour le Grand Huit !

C’est ce qui vous est proposé à travers le dernier film de Quentin Tarantino : « les huit salopards » sur lequel nous revenons aujourd’hui. Comme d’habitude, nous vous conseillons d’en profiter pour emprunter quelques DVD en BU : cliquez et vous les trouverez !

Jennifer Jason Leigh « à la ville »

La parité homme-femme version Tarantino : jubilatoire

Que seraient les sept salopards sans la saloparde qui est au centre de l’histoire ?

Fini le cliché de la femme sexy épouvantée à la vue de son ongle cassé. Voici la hors-la-loi déjantée Daisy Domergue alias Jennifer Jason Leigh. Encaissant les coups sur le visage (œil, nez, dents) presque avec le sourire, elle n’est guère plus dérangée par la pluie de sang, de ragoût ou de cervelle dont elle est aspergée tout au long du film. Côté mode, elle réinvente le bracelet à grosse breloque par le biais d’une paire de menottes où pend un avant-bras coupé au préalable.

Rires fous, provocations verbales : rien ne l’arrête. Elle a, face à la mort, le stoïcisme des vrais durs.

Cette garce diabolique finit par avoir l’aspect de Linda Blair dans « L’exorciste ». Il semblerait pourtant que, par galanterie sans doute, Tarantino lui accorde une rédemption dans l’au-delà en mettant en arrière-plan de son corps pendu deux raquettes à neige qui lui font des ailes, transformant son cadavre en ange.

 Le Cluedo version Tarantino : haletant

A ses côtés dans ce huis-clos tragique, un Kurt Russel magnifique qui, comme dans « The thing » doit affronter le blizzard et un ennemi dont il ignore le visage.

Tim Roth nous la joue gentleman à la Christoph Waltz dans « Django », donnant au passage une définition intéressante de la justice.

Samuel L.Jackson perd les attributs qui avaient été l’instrument d’une ultime vengeance et affiche une nonchalance que dément sa répartie et sa perspicacité d’analyse.

L’apparition de Michael Madsen dont la silhouette restait dans l’ombre, est un clin d’œil du réalisateur au spectateur : non, ce personnage n’est pas Quentin. On reste dans le suspens du « qui est qui » et il faudra presque attendre la fin du film pour que tombent les masques.

Channing Tatum a l’envergure d’un Tom Hardy; le physique bourru de Demian Bichir s’avère cacher des talents de pianiste; Bruce Dern est excellent en vieux général sudiste ainsi que James Park en cocher discret mais efficace. Walton Goggins, agaçant à souhait finit par emporter notre sympathie.

 Humour noir et beauté

Comme toujours les dialogues sont délectables et les paysages enneigés du Wyoming grandioses. La palme du gros plan revient à celui des chevaux en plein galop, magnifiques dans l’effort.

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