Osamu Tezuka : l’origine du phénomène manga ?

Manga, Japan Expo, Cosplay… Depuis plusieurs années maintenant, un souffle japonais semble bien balayer le territoire culturel français. Retour sur l’influence d’un auteur clé : Osamu Tezuka.

La Japan Expo et le Cosplay

Profitons de l’occasion de la Japan Expo 2016 pour nous intéresser un peu aux mangas et à un des auteurs décrété être la source des principaux codes du genre : Osamu Tezuka, le « Manga no Kamisama » (à traduire par le modeste « le dieu du manga »)…

Le « dieu du manga »

Né en 1928 et décédé en 1989, ça ne nous rajeunit pas…, l’auteur est particulièrement prolifique, dans des catégories très variées : ouvrages pour enfants (« Le roi Léo »), premier shôjô manga (récit pour jeunes filles) avec « Princess Knight », érotisme avec ses « Pornographic Pictures », science-fiction (« Metropolis »), etc.

Sa biographie, éditée par Casterman et Tezuka Production, sous forme de bande-dessinée, le présente comme un génie, travailleur et humaniste, fan de mangas et de cinéma. A un point tel que certains s’interrogent sur l’absence de contrepoint :

« Perpétuer, consacrer, alimenter le mythe, tel semble être le rôle des studios fondés par Tezuka, comme si en son absence les disciples ne pouvaient se détacher du passé et se devaient d’en proposer une sorte de relecture qui idéalise l’image de leur maître. » (Loïc Massaïa sur le site du9)

 

Les moins jeunes d’entre vous se souviendront peut-être d’Astro Boy, dessin-animé japonais, qui a fait partie des premiers mangas diffusés à la télévision française dans le Club Dorothée à la fin des années 80… époque à laquelle on était loin de parler de consensus autour de ces productions culturelles atypiques !

Kafka et Dragon Ball Z ?

Médecin de formation, mais dont la peur du sang a interdit la poursuite de la carrière, Tezuka a également été tout particulièrement attentif dans ses œuvres aux dessins du corps et à leur exactitude. Le thème de la métamorphose du corps et des étapes de celles-ci devient peu à peu crucial pour lui et il va jusqu’à retranscrire sous forme graphique « La métamorphose » de Kafka. Ce thème de la métamorphose deviendra peu un peu un code du genre manga et sera repris à plusieurs reprises, décliné à l’envie, comme dans le célèbre « Dragon Ball Z » où la transformation des personnages est centrale.

La vidéo ci-dessous provient de la chaîne Youtube Northern Rufio qui propose en plus des analyses très intéressantes autour du phénomène manga. (Si le sujet vous intéresse, on vous conseille de prendre quelques minutes (heures) pour consulter les vidéos…)

On y apprend notamment quelques-uns des autres impacts de l’œuvre de l’artiste : sa représentation de la mort et de la violence à travers une image du corps vulnérable, son rapport à l’animation, au mouvement ainsi qu’à la représentation du temps notamment dans l’agencement des cases des mangas. Des codes toujours bien présents dans les mangas actuels et qui avaient déstabilisé le public occidental à leur arrivée. Et pourtant, aujourd’hui en France : « une BD sur trois est un manga »...

Et vous alors ? Plutôt Tezuka ou Manu Larcenet ? N’attendez pas qu’on vous aide à choisir…

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