Populaire comme Prévert

 

Quand la vie est un collier
Chaque jour est une perle
Quand la vie est une cage
Chaque jour est une larme

1900-1977…

Voici 40 années que le poète s’en est allé en laissant « Le cancre » endeuillé..

« Il dit non avec la tête,
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur »

avec son siècle en 1900, élevé au sein d’une famille aimante, il suit dès l’enfance les chemins de traverse. Après l’école, qu’il préfère buissonnière, l’uniforme revêtu en 1920, vient la bande des joyeux copains, celle du rire salubre, celle des surréalistes. Il reste cependant libre de toute appartenance à un mouvement artistique ou littéraire.

Un « poète libertaire » selon Trintignant

Sa conception du monde lui a valu d’être choisi par Jean-Louis Trintignant pour son spectacle « Trois poètes libertaires : Prévert, Vian, Desnos » pour illustrer la thématique des libertaires du XXe siècle.

Avec tendresse ou ironie, il donne au lecteur une autre vision du quotidien. Humaniste, anarchiste, fantaisiste, il condamne la guerre et les malheurs du monde tout en en célébrant la beauté.

« Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer »
(Barbara)

 « Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie »
(Pater Noster)

« La guerre déclarée
j’ai pris mon courage
à deux mains
et je l’ai étranglé. » (Complainte du fusillé)

 Parce qu’il s’oppose aux contraintes et qu’il regarde le monde avec les yeux émerveillés de l’enfance, il reste l’un des poètes les plus populaires du XXe.

« Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
et ils s’en vont. » (Page d’écriture)

Parolier, artiste et cinéaste…

Il écrit des chansons et nombre de ses poèmes sont interprétés par les « grands » de l’époque. Son œuvre fredonnée finit ainsi de s’ancrer dans les mémoires. (Par exemple : Les feuilles mortes enregistrée par Yves Montand en 1949)

Il est aussi le créateur moins connu de nombreux collages. Il utilise quelquefois les photographies de ses connaissances comme Brassaï ou Doisneau pour ses créations. Son ami Picasso lui dit en les découvrant :  « Tu ne sais pas peindre, mais pourtant tu es peintre. »

Sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65405964

Enfin, c’est un brillant scénariste et dialoguiste pour le cinéma avec notamment de nombreuses collaborations avec Marcel Carné (certains titres sont à retrouver en BU…).

  • L’affaire est dans le sac de Pierre Prévert (1932)
  • Le Crime de monsieur Lange de Jean Renoir (1935)
  • Drôle de drame de Marcel Carné (1937)
  • Quai des brumes de Marcel Carné (1938)
  • Les Disparus de Saint-Agil  de Christian-Jaque (1938)
  • Le Jour se lève de Marcel Carné (1939)
  • Remorques de Jean Grémillon (1939)
  • Les Visiteurs du soir de Marcel Carné(1942)
  • Les Enfants du paradis de Marcel Carné(1943)
  • Le soleil a toujours raison de Pierre Billon (1943)
  • Adieu Léonard de Pierre Prévert (1943)
  • Les Portes de la nuit de Marcel Carné(1945)
  • Notre-Dame-de-Paris de Jean Delannoy (1956)
  • Paris, la belle de Pierre Prévert (1959)
  • Les amours célèbres de Michel Boisrond (1961)
  • Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault(1980)

Amour de la vie, haine de l’injustice, la sensibilité a façonné cet artiste aux multiples talents :

« Et il nous en fera voirJacques_Prévert_signature.svg
De toutes les couleurs
L’arc-en-ciel le fait bien
Et personne ne lui dit rien » (Jour de fête)

Envie de profiter du printemps pour relire Prévert ? Empruntez les titres présents en BU !

Et vous ? Quel est votre texte, film, collage, chanson… préféré ?