Etre moniteur étudiant dans une BU de l’UJM : Un métier pas banal…

Pour ce travail, pas besoin de porter un blouson rouge ni d’enfiler une paire de ski, ou encore de connaître la distance de sécurité minimale entre deux véhicules sur l’autoroute. Et pourtant, être moniteur étudiant, c’est un vrai travail qui nécessite une formation initiale et une vraie polyvalence !

Monitrice BU

Chaque année, les BU recrutent des étudiants sur des postes de « moniteur étudiant », un intitulé de métier étrange, où l’on a à la fois un pied dans le monde du travail, en l’occurrence à la bibliothèque, et un autre dans les études. En quoi consiste ce travail qui dure le temps d’une année universitaire, voire plus pour ceux qui veulent poursuivre cette expérience ? Pour le savoir, laissons la parole à nos 27 moniteurs étudiants employés cette année dans les 4 BU, qui ont accepté, et nous les en remercions vivement,  de répondre à une interview.

Qu’est-ce qui a motivé votre candidature pour devenir moniteur étudiant ?

MonitriceBUAvant tout, ils ont choisi ce travail afin de toucher un revenu et de pouvoir assurer financièrement leurs études. D’un point de vue pratique, être moniteur leur permet de gagner du temps de déplacement puisque la BU est située sur leur campus universitaire. Un volume horaire raisonnable ainsi qu’une certaine souplesse dans l’organisation des plannings hebdomadaires permettent de concilier parfaitement activités universitaires et professionnelles.

Travailler à la BU est un choix assumé : certains répondants disent avoir plaisir à participer à la vie de l’université et à travailler dans un univers privilégié. Leur attachement au lieu s’est créé durant leurs études. Ils apprécient son calme et l’environnement des livres. Les métiers des bibliothèques les ont parfois intrigués au point de vouloir en découvrir les coulisses (et, pourquoi pas, suivre un cursus dans cette filière). A titre plus personnel, ils en tirent un bénéfice directement pour leurs études : meilleures connaissances du classement des documents pour trouver sa propre documentation, appropriation d’un espace de travail quotidien pour ceux d’entre eux qui souhaitent se tourner vers le métier de chercheur. Ils se montrent aussi sensibles aux valeurs portées par les BU : renseigner et orienter les étudiants pour les accompagner tout au long de leurs études.

Fiers de prendre la relève après avoir bénéficié eux-mêmes des services de la BU, le contact avec le public a été pour eux un argument attractif, en accord avec leur souhait de s’impliquer dans la vie de l’UJM, dans cette expérience du monde du travail, qui est parfois leur première.

Au début (ça fait cinq ans que je suis moniteur) ça ne devait être qu’un travail qui permettait de rester dans le milieu universitaire et puis il y a un vrai lien qui s’est créé, ça m’a permis de découvrir plein de techniques et de méthodes de travail liées au métiers et ça me plait vraiment.

 Quelle est la partie de vos missions que vous préférez et pourquoi ?

MoniteurBUIls sont unanimes : les magasins des BU les ont tous conquis, impressionnés ou grisés. Les réserves des BU sont énormes et pouvoir s’y rendre en toute liberté pour découvrir les ouvrages qu’elles renferment est un vrai plaisir.

Le reclassement des ouvrages dans les salles est aussi pour eux un autre moyen de découvrir des ouvrages sur des sujets différents, de stimuler leur curiosité et leur ouverture culturelle.

Échanger et guider les lecteurs, conseiller des ouvrages, renseigner, en particulier les L1, et faire découvrir les ressources de la BU reviennent souvent dans les réponses. Cet échange permet de créer un lien qui donnera envie aux nouveaux étudiants de revenir tout en leur apprenant à être autonomes. Ils aiment rendre service, voir les lecteurs satisfaits et se sentir utiles.

J’aime recevoir les étudiants lorsqu’ils viennent emprunter ou rendre des ouvrages parce que ça me rappelle un peu moi, et surtout, je vois à quel point nombre d’entre eux, sont soucieux de leur avenir.

L’équipement des ouvrages fait partie du bon accueil du lecteur : l’aspect extérieur du livre donnera envie au lecteur de l’emprunter et il sera plus simple pour lui de chercher un livre ou une cote pour chaque domaine. Ce travail manuel les change de leurs études et il permet un vrai contact avec les livres qu’ils peuvent prendre le temps de feuilleter.

J’aime l’équipement d’ouvrages et le reclassement. Tout simplement parce que c’est ce qui se rapproche le plus dans l’imaginaire commun du travail d’un bibliothécaire.
J’aime ranger les livres, on travaille notre organisation et notre rapidité !
J’aime l’orientation des usagers lors des permanences en pôle Arts Lettres et Langues : c’est l’espace qui m’est le plus familier, et y travailler est source de découvertes supplémentaires, qui suscitent parfois des « emprunts compulsifs »!
J’aime beaucoup travailler au kiosque (l’espace Presse de la BU Tréfilerie), les vendredis matins car on y reçoit beaucoup de journaux et magazines, qu’il faut répertorier chaque matin. En classant les périodiques je peux en même temps me tenir informée des actualités et repérer des articles susceptibles de m’intéresser et que je pourrai aller lire plus tard.

En passant de l’autre côté du miroir, qu’est-ce qui vous a étonné, que vous n’imaginiez pas lorsque vous étiez « simple » utilisateur de la BU ?

MonitriceBUEn devenant moniteurs (et notamment grâce aux questions posées à l’accueil !), ils ont été plusieurs à découvrir des services (prêt d’ordinateurs portables, de petits matériels) et des ressources (archives de revues stockées dans les magasins) qu’ils ne connaissaient pas en tant qu’utilisateurs des BU et qu’ils se sont mis à utiliser. Ils ont également été surpris de découvrir qu’il y avait beaucoup de personnel qui travaillait dans des bureaux non-accessibles au public, que les équipes étaient organisées en différents départements et services avec des missions différentes (collections, services aux publics, informatique documentaire, communication, formation documentaire). Travailler en BU nécessite une polyvalence qu’ils ne soupçonnaient pas toujours : rigueur, méthode, précision, organisation, maîtrise de l’outil informatique et de nombreux logiciels et outils spécialisés. La polyvalence et le dévouement du personnel les ont beaucoup surpris. Ils ne soupçonnaient pas le travail d’équipe et de réflexion en amont d’un projet avant sa mise en place effective dans les BU, et plus généralement que, même le système très simple de demande d’ouvrages en magasin, s’appuyait sur une organisation étudiée au préalable.

Je ne connaissais pas tout le travail autour de la cotation des livres et leur reclassement ni l’ampleur de la tâche.
Dire autant de fois chut !
Ce qui m’a étonné c’est le nombre d’usagers qui ont besoin de nous pour chercher quelque chose, un livre par exemple. Le personnel au sein de la BU est vraiment indispensable pour répondre au mieux à la demande des usagers. Il leur permet de trouver le livre qu’ils cherchent, de répondre immédiatement à leurs interrogations.

Quelle est (ou a été) votre propre expérience de lecteur en BU ? Dites-nous ce qui vous plait et vous déplait ?

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Les moniteurs sont aussi des usagers très fidèles de la bibliothèque qu’ils utilisent aussi bien pour emprunter des documents pour les cours ou leurs travaux universitaires que pour travailler au calme dans un environnement propice à la concentration même si certains regrettent que le silence ne soit pas toujours respecté.

Ce qui me plaît est la grande gamme de lecture : on a toujours des livres très récents, des revues qui restent toujours à côté de l’actualité mais aussi des livres plus anciens et qui ont marqué l’histoire de la science.
Ce qui est vraiment bien c’est qu’on peut se mettre à l’aise n’importe où dans la BU (je pense à celle de Tréfilerie) et qu’on peut y lire ou y bosser tranquillement. Ce qui me déplaît en revanche c’est que le silence n’est pas respecté dans certaines salles.
Ce qui me plaît : l’atmosphère studieuse, la propreté des lieux, une décoration sobre et moderne, un accueil agréable.

 

En tant qu’utilisateur ou moniteur, avez-vous des anecdotes à nous raconter qui se sont passées dans les BU de l’UJM ?

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En été : un étudiant a ramené un ventilateur « portatif » pour réviser à la BU pendant la période des rattrapages !
Une petite mésaventure (vécue bien sûr) de bibliothécaire : arriver dans une salle (la salle de droit) très silencieuse, avec une pile de livre plus haute que vous dans les bras ; vouloir absolument faire le moins de bruit possible ; et puis un livre vous échappe, puis deux, puis tous décident d’obéir à la loi de la gravitation pour rejoindre la sublime moquette rouge ! Dans le genre discrétion, c’est raté.
Les étudiants ne connaissent pas nos noms du coup nous avons souvent le droit à des surnoms entre eux sauf qu’ils ne savent pas que parfois on les écoute…
En travaillant au kiosque, il m’est arrivé d’avoir à gérer un problème de son assez particulier et inattendu. En effet, quelqu’un s’était assoupi dans un des fauteuils et ses ronflements contrastaient fortement (très fortement) avec le silence qui régnait alors dans la salle…

La BU, c’est quoi pour vous ? Quelle place occupe-t-elle dans votre vie d’étudiant ?

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Ils déclarent tous que la BU occupe une place particulièrement importante dans leur vie, que ce soit pour y travailler parfois pendant de longues heures, seul ou en groupe, ou pour y trouver une documentation fiable, variée et bien fournie.

Un des services les plus appréciés est de pouvoir choisir de s’installer dans des espaces très calmes pour y travailler seul ou dans des salles de travail en groupe qui permettent d’échanger sans gêner les autres usagers, ou encore de pouvoir adopter des postures et des places adaptées à son humeur.

Outil essentiel à la réussite des études, la bibliothèque  peut être aussi appréciée pour l’espace de méditation et d’épanouissement personnel qu’elle offre.

La BU est mon endroit de prédilection pour travailler, mais pas que : j’aime lire dans ses fauteuils, consulter la presse au kiosque et découvrir de nouvelles lectures. Je ne pourrais pas me passer de la BU.
La BU est ma deuxième maison! L’équipe avec qui je travaille : une deuxième famille!
C’est une sorte de deuxième chez soi, en tant qu’étudiant, et encore plus en tant qu’étudiant moniteur, on y passe plus de temps que dans sa maison.
Pour moi, la BU est un lieu de travail dans tous les sens du terme – universitaire et professionnel – mais aussi un lieu social où le contact et la communication, entre collègues ou avec les usagers, elle est très importante.
Elle occupe une bonne moitié de ma vie d’étudiante. Mis à part le travail de monitrice, j’y passe de nombreuses heures chaque semaine pour réviser (le plus souvent en binôme), pour consulter/emprunter des livres (ou articles) bien sûr, mais aussi pour bien sélectionner ceux que je vais avoir besoin d’acheter.
C’est là où je vais dès que j’ai des heures de libre entre deux cours ou des recherches à faire. Elle occupe bien un tiers de ma « vie d’étudiant ».
Dorénavant je vois la BU avant tout comme un lieu de travail professionnel.

 

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