Les Quais du Polar…à Saint-Etienne

Rien de tel que de se plonger dans un bon roman policier accompagné (ou non) d’une tasse de thé pour oublier le stress des révisions et des examens le temps d’une soirée ou d’une pause déjeuner. Les BU de l’Université Jean Monnet vous emmènent faire un tour sur les quais du polar…et vous embarquent vers des eaux très sombres, évidemment !

affiche-QuaisduPolar2018

Le premier week-end d’avril est souvent l’occasion pour les amateurs de polars de se retrouver à Lyon lors des trois jours que dure le festival international « Quais du polar ». Alors que la 14ème édition du festival vient de s’achever, et si le polar s’invitait cette fois à Saint-Étienne ?

Friches industrielles, petites ruelles à l’ambiance nocturne ou encore course poursuite dans les mines désaffectées, la cité stéphanoise a tout pour faire un bon polar…comme l’a très bien senti l’auteur Jean-Louis Nogaro qui y situe ses intrigues de romans (La morte des tourbières et Saint-Étienne Santiago).

Laissez-vous également tenter par quelques invités de cette saison 2018 du festival…

CarrisiInvitée d’honneur cette année, l’Italie et ses polars…de quoi prouver qu’il n’y a pas que la mafia qui occupe la police italienne. La preuve avec le terrible « chuchoteur » de Donato Carrisi, un tueur en série, digne héritier d’un Hannibal Lecter, qui terrorise tout un pays en murmurant à l’oreille de tueurs en devenir…

José Carlos Somoza est un nouveau du festival. Psychiatre espagnol, il écrit des livres à la croisée des genres avec une constante : vous allez frissonner ! Son dernier roman, Le mystère Croatoan,CVT_Le-mystere-Croatoan_2681 vous plonge non pas dans un univers post apocalyptique mais clairement dans l’apocalypse. Les êtres vivants, humains ou animaux, semblent tous, soudainement, se diriger vers un même but, une même fin : l’autodestruction. L’enquête sera menée parallèlement par une zoologue et une équipe de mercenaires, tentant de comprendre comment survivre en résolvant l’énigme posée quelques années plus tôt par un spécialiste des comportements animaliers.

7joursDeon Meyer, auteur prolifique sud-africain, est quant à lui un habitué du festival. Dépeignant sans concession la dure réalité de son pays, il écrit des intrigues policières tout en s’attachant toujours à mettre en lumière les ombres de la société post-apartheid. Corruption, drogue, trafics divers et malhonnêtes, les romans s’enchaînent sans jamais lasser son lectorat, à vous de faire votre choix parmi les ouvrages de la BU.

La France des polars n’est pas en reste avec des auteurs comme Jean-Bernard Pouy, Romain Slocombe ou encore l’auteur-voyageur Caryl Ferey qui nous emmène, au fil de ses polars, de la Nouvelle Zélande à l’Argentine en passant par l’Afrique du Sud.

RomainSlocombeJeanBernardPouyCarylFerey

Vous pouvez emprunter ces documents à la BU et même si les dédicaces des auteurs sont terminées, n’hésitez pas à écouter en podcast leurs interviews et leurs conférences, tout est accessible en ligne.

Encore envie de voyager en Italie ?

Pas de problème ! Vous trouverez dans les collections de la BU d’autres grands maîtres du polar italien contemporain :

  • Andrea Camilleri, un metteur en scène et écrivain, très célèbre, notamment pour ses récits des enquêtes du commissaire Montalbano.
  • Carlo Lucarelli, quant à lui est scénariste et journaliste. Il a donné vie aux personnages du commissaire De Luca et des inspecteurs Coliandro et Grazia Negro.
  • Ecrivain, dramaturge et scénariste, Massimo Carlotto, débuta sa carrière après un parcours judiciaire très mouvementé. L’un de ses fameux protagonistes est un détective privé : Marco Buratti, surnommé l’Alligator.
  • Giancarlo De Cataldo est un auteur aux multiples registres et également magistrat. Son roman le plus connu, Romanzo criminale (2002), lui permettra de remporter en 2006 le prix du polar européen. Ce roman sera adapté la même année au cinéma par Michele Placido dans un film au titre éponyme.
  • Carlo Bonini est un journaliste d’investigation qui fonde les récits de ses romans sur des faits réels situés dans la sphère politique romaine.
  • Niccolò Ammaniti est un écrivain prolifique et primé à de multiples reprises. Il est considéré comme le chef de fil du mouvement littéraire Jeunesse cannibale apparu dans les années 1990, un mouvement qui défend une écriture imprégnée d’une culture pulp-fiction (publicité, bande dessinée, Internet, information télévisée, faits divers).

Du côté du 7ème art, découvrez ce film « coup de cœur » ou plutôt « coup de poing »…

« Série Noire » d’Alain Corneau : Divin Dewaere pour polar poisseux

Il y a certains films dont celui-ci fait partie qu’il faut éviter de regarder un soir de grande déprime. Comment oublier le visage poupin de Franck Poupart, alias Patrick Dewaere, qui passe de la douceur à la folie face à son quotidien minable ? On sent toute l’humanité au fond de cet homme désenchanté, humanité qui l’a sans doute plus desservie qu’aidée dans ce milieu pauvre où il vaut mieux faire fi de ses sentiments. Paradoxalement, c’est pourtant cette bonté d’âme qui le poussera au meurtre. La phrase insupportable de trop qui donne la force de faire le geste malheureux : « Alors moi j’enfile le manteau et vous vous enfilez la petite.» Là c’est toute une vie d’asservissement qui bascule et un meurtrier qui s’éveille. Un meurtrier maladroit qui accumule les bourdes, qui se piège dans les incohérences et se précipite dans une spirale dont l’issue ne pourra qu’être fatale.

Les personnages évoluent dans un décor de banlieue parisienne aux maisons décrépites, aux portails rouillés, le temps est pluvieux et dans l’horizon gris se découpent de hauts HLM et des grues. Tout indique déjà un avenir sans issue. Ce décor blafard a déteint sur les caractères qui ne sont que bassesse humaine ou innocence sacrifiée. Le représentant de commerce se heurte aux uns et aux autres, rebondissant et passant lentement de la mythomanie à la folie, incapable de maitriser son destin et de saisir sa chance.

Le film s’achève sur une scène où deux destins brisés tournoient enlacés, scène d’autant plus marquante que les rôles sont tenus par Patrick Dewaere et Marie Trintignant.

« Série noire » d’Alain Corneau (1979), disponible en DVD sous la cote :  791.439 44 Corneau 2 Sér

 

Le polar fait couler beaucoup de sang…et d’encre !

La BU vous propose une sélection d’articles sur les auteurs présents aux Quais du polar, tous disponibles en texte intégral sur Europresse, une base de données d’articles de presse incontournable, accessible 24/7 aux étudiants et personnels UJM.

Et pour mener plus loin vos investigations sur la littérature policière, vous trouverez une grande quantité d’articles de recherche sur ce « mauvais genre ». En voici quelques preuves recueillies sur les ressources numériques HAL, OpenEdition, Wiley et CAIRN.

Juste avant de vous laisser vous replonger dans vos lectures…

Saviez-vous que la seule bibliothèque au monde dédiée exclusivement aux polars se trouvait en France ? Il s’agit de la BiLiPo, à Paris. Un lieu insolite à découvrir lors de votre prochain passage dans la capitale !