Assises du Roman 2018 : une star d’outre-Manche s’invite à la BU !

Au fil de ses romans Jonathan Coe propose une critique à la fois acerbe et hilarante de la société anglaise. Deux monitrices étudiantes ont animé une rencontre publique avec cet auteur à la BU Tréfilerie. Elles reviennent sur cette matinée passée avec un écrivain « pas si cynique que ça ».

Du 21 au 27 mai a eu lieu l’édition 2018 des Assises Internationales du Roman organisée par la Villa Gillet, un organisme international qui promeut la culture contemporaine sous toutes ses formes, notamment au travers de festivals dont les Assises du Romans, axé sur la littérature. C’est donc en coopération avec la Villa Gillet que la bibliothèque universitaire Tréfilerie a reçu Jonathan Coe le 25 mai 2018 pour une rencontre avec le public. L’équipe de la bibliothèque nous a proposé de participer à la rencontre en tant que médiatrices. En effet, dans le cadre de nos études en master 2 Études Anglophones à l’UJM, nous avons acquis une bonne connaissance de la littérature britannique. C’est donc avec joie que nous sommes parties à la découverte de Jonathan Coe et de son œuvre.

Jonathan Coe est né en 1961 à Birmingham, Angleterre. Son premier roman, La Femme de hasard, a été publié en 1987. Il a publié onze romans, notamment Testament à l’anglaise, La Maison du sommeil et La Vie très privée de monsieur Sim. Il a également écrit trois biographies de Humphrey Bogart, James Stewart et B.S. Johnson, ainsi que deux livres pour enfants. Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées à la radio (Testament à l’anglaise et Bienvenue au club), à la télévision (Bienvenue au club) et au cinéma (Five Seconds to Spare est une adaptation des Nains de la mort, La Vie très privée de monsieur Sim). Il a reçu de nombreux prix littéraires notamment le prix John Llewellyn Rhys en 1994 pour Testament à l’anglaise, le prix du meilleur livre étranger en 1995 également pour Testament à l’anglaise, et le prix Médicis étranger en 1998 pour La Maison du sommeil. En 2001 il a reçu le prix Bollinger Everyman Wodehouse pour Bienvenue au club et en 2005 le prix Samuel Johnson pour B.S. Johnson : Histoire d’un éléphant fougueux. En 2004 il a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et en 2012 il est devenu fellow de la Royal Society of Literature.

Il aurait écrit la plus longue phrase de la littérature anglaise dans Bienvenue au club, plus de 13 000 mots !

Deux classes des lycées Simone Veil de Saint-Priest-en-Jarez et Hector Berlioz de la Côte Saint-André (Isère) ont assisté à la rencontre (un article du blog leur a été consacré), ainsi que le club de lecture des médiathèques de Saint-Étienne, des professeurs et des étudiants de l’université Jean Monnet mais aussi du public extérieur, la rencontre étant ouverte à tous. Jonathan Coe a d’abord répondu à nos questions, puis à celles du public. Il a ensuite accepté de se prêter à une petite séance de dédicaces. Au total, la rencontre a duré environ une heure et demie (live tweet disponible sur le compte Tweeter des BU de l’UJM).

Nous avions préparé nos questions en nous répartissant la lecture des ouvrages disponibles à la BU. En tout, nous avons lu cinq livres chacune. Nous en avons ensuite discuté ensemble, et avons convenu des questions à poser. La Villa Gillet et l’équipe de la B.U. nous ont laissé une liberté totale quant au choix des questions. Cela nous a permis de poser des questions qui nous intéressent vraiment en tant que lectrices. Par exemple, nous avons remarqué que certains des personnages sont présents dans plusieurs de ses ouvrages, nous voulions donc en savoir plus sur la manière dont les livres sont connectés. Coe, après avoir écrit douze romans, a décrit ses difficultés à créer de nouveaux personnages. Il en fait, par conséquence, un atout pour créer un univers où certains personnages sont récurrents. Nous avions remarqué que les thèmes de l’obsession et de la folie sont présents dans nombre de ses œuvres, ce que Coe explique par sa propre personnalité obsessive.

Les échanges avec l’auteur ont été assurés par les deux enseignantes chercheuses Anne Bechard-Leauté, maître de conférences en anglais à l’UJM (qui a impeccablement assuré la traduction pour le public !), et Vanessa Guignery, du laboratoire LIRE (UMR 5611) à l’ENS de Lyon, spécialiste en littérature britannique contemporaine (publications disponibles à la BU).

Les romans de Jonathan Coe, sous couvert de l’humour, sont des vraies critiques de la société britannique au fil les décennies. Testament à l’anglaise, publié en 1994, est une satire des années Thatcher tandis que Numéro 11, publié en 2015 et dans lequel on retrouve certains personnages de Testament à l’anglaise, critique les années Blair. Ainsi, la trilogie autour du personnage de Benjamin Trotter traverse l’Angleterre de Margaret Thatcher (Bienvenue au club) et de Tony Blair (Le Cercle fermé) jusqu’aux années 2010 (Middle England, à paraître à la fin de l’année).

Nous retiendrons de cette expérience une belle rencontre avec celui qui est devenu l’un de nos auteurs préférés ! Nous avons pu poser à Jonathan Coe les questions qui nous taraudaient suite à la lecture attentive d’une grande partie de son œuvre. Nous recommandons vivement la lecture de ses romans qui proposent une vision originale et acide de la société anglaise.

JonathanCoe

SARAH vous conseille particulièrement La Vie très privée de Mr. Sim, l’histoire d’une crise de la cinquantaine qui poussera le protagoniste au bord de la folie.

LUCIE a préféré La Maison du sommeil dont le personnage principal pourrait être une résidence étudiante devenue clinique pour les troubles du sommeil au sein de laquelle quatre personnes se croisent, se séparent, se retrouvent autour du personnage de Sarah, narcoleptique aux rêves étrangement réalistes.